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Galrion - Dragon

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Messages : 2
Points : 4
Date d'inscription : 22/06/2015

MessageSujet: Galrion - Dragon Mer 24 Juin - 19:14



Galrion Norgar
« Si tu as des choses à protéger, si tu as des choses à sacrifier, tout ce que tu as à faire c'est te lever et avancer. Laisse-moi t'aider pour le premier pas, pour qu'aujourd'hui soit l'aube du premier jour du reste de ta vie. Contemple ce monde. Ceci est ton domaine. Ceci est ton avenir. Tout ce que tu as à faire, c'est un pas pour l'embrasser. »


NOM
Norgar
PRÉNOM
Galrion
SURNOM
Aucun


SEXE
Mâle
RACE
Dragon Doré
AGE
21 ans




ORDRE
Ombres
RÔLE
Peuple




DIVINITÉS
Aucune
DATE DE NAISSANCE
Texte



Armes

• Bâton


Pouvoirs

• Maîtrise du Feu
• Maîtrise de la Terre




Apparence

Un dragon, voilà sa nature, son existence, son essence. Doré, ses écailles brillaient de milles feux lorsque l'Astre du jour les chatoyait. S'il avait eu le choix, sa couleur serait différente. Celle-ci était trop épurée, trop positive, trop protectrice. Une douce lumière se répandait autour de lui, donnant cette atmosphère paisible, aimante.

Le problème ne venait pas du fait qu'il ne l'était pas, cela n'allait pas à l'encontre de sa nature. La vérité se situait dans ses convictions : rien ne devait laisser parler son cœur à sa place. S'il devait protéger quelqu'un avec ce corps massif, rien ne l'en empêcherait. Si ses écailles devaient repousser milles et une lances, il les attendrait, griffes ancrées dans le sol. Son grondement sourd ferait trembler la Terre sous les pieds de ses ennemis. Ses longs crocs seraient au-dehors si un ennemi se faisait trop persistant. Une queue puissante fouetterait l'air pour chasser les impertinents tandis que deux larges ailes battraient puissamment l'air.

C'est ainsi qu'un dragon devait être : effroyable. Pourtant, même muni d'armes mortels qui feraient hésiter plus d'un homme à s'approcher de lui, Galrion possédait cette atmosphère paisible. La pureté de son éclat au Soleil, l'éclat pétillant de son regard bleu-gris. Il donnait l'impression de faire face à un ciel capricieux, des nuages taquins cachant de temps à autre un éclat vivifiant. Finalement, même si celui ne lui plaisait guère, ce climat lunatique lui correspondait bien.

L'idée de prendre une apparence humaine lui déplaît profondément. À ses yeux, ce n'est pas la forme d'un dragon, c'est juste une façon de se mettre au même niveau que les bipèdes. Honnêtement, il n'est pas sûr que cela en vaille la peine.

Son allure est alors plus sauvage que chez les humains normaux. Son envie de rester humain se traduit par une négligence totale des aspects les plus élémentaires. Les vêtements sont superflus quand ils pèsent plusieurs tonnes, mais en faisant moins de cent kilos il doit en rajouter ? Quelle genre de plaisanterie est-ce là ? Les deux-pattes sont si peu à l'aise avec leur propre espèce qu'ils s'en dégoûtent eux-même, comment ne pas devenir arrogant en tant que Dragon ?!

Une chose irritait au plus haut point Galrion : les poils. Une autre inconvénient de la condition de ces Êtres inférieurs. Ils poussent, ils tombent, de temps à autres cela se met à irriter la peau et à démanger. Les formes humaines n'en possédaient pas assez pour que cela offre une quelconque protection. Quitte à avoir des poils, ils auraient pu s'inspirer d'une crinière de lion, capable de bloquer une lame ! Mais non, ils étaient tout aussi fragile avec que sans. Et dire que certains y trouvaient un attrait particulier ! Lui, mis à part quand cela devenait gênant, jugeait que l'entretien n'en valait pas réellement la peine. Ainsi, il laissait pousser cheveux et barbe sans réellement s'en soucier, jugeant cela irritant pour une forme temporaire.

Son visage était ainsi encadré par deux touches brunes bien distinctes. Les « poils du dessus » devenaient relativement longs, mais ne le gênant pas, il les laissait faire. Les « poils du dessous » en revanche grattaient très régulièrement, le forçant à s'en occuper, mais raser complètement irritait tout autant voire plus. Entre ces deux zones se trouvait un visage carré, montrant clairement la fermeté de son esprit. Son regard acier devenait brun, se fondant au milieu du reste.

Son corps tenait plus du dragon que de l'humain, même sous cette dernière apparence. Des formes puissantes traçaient des courbes aux angles parfois raides. Voler avait sculpté son côté Dragon et se répercutait sur le côté Homme. Un corps qu'il se serait bien gardé de couvrir, même s'il ne l'aimait pas particulièrement. Obligé par des mœurs non partagées de le couvrir, cela se fait au strict minimum. Si par hasard, Galrion avait oublié de prévoir des vêtements, cela peut se réduire à un pagne, voire rien du tout, quitte à reste sous son autre forme, bien plus agréable à ses yeux.

Cependant, quand il prévoit de s'habiller, il prend des sandales pour pouvoir marcher avec ses frêles pattes. Une cape de tissus couvre une partie de son torse, tandis qu'un autre ensemble couvre sa taille jusqu'à ses genoux. C'est sans doute ce qui gêne le plus ses mouvements, mais le plus essentiel aux yeux des bipèdes. Des jambières et brassières servent de maigres protections en cas de problèmes. Un bâton constitue la seule arme qu'il est disposé à prendre. Après tout, ni l'acier ni le bois ne traverse ses écailles, les deux se valent à ses yeux. Le second étant beaucoup plus léger, maniable et moins sujet à auto-mutiler cette frêle enveloppe, Galrion le préfère.

Psychologie

S'il y a bien une caractéristique transparente chez Galrion, c'est son arrogance. Depuis sa plus tendre enfance, les autres êtres lui ont été décrit comme fragiles, stupides et faibles. Dans son corps coule le sang des Dragons. C'est là sa plus grande fierté. Honnêtement, ce serait aisé de lui reprocher son manque de recul. Beaucoup tendrait à dire que seule l'expérience propre pourrait lui confirmer les dires de ses pairs. Seulement, il n'en avait guère besoin. Le peu qu'il voyait ne faisait que confirmer cela. Les bipèdes ne faisaient rien pour contredire, au contraire. Dans leur immense infériorité, ils paraissaient se complaire à confirmer jour après jour chaque défaut que l'on leur attitrait. Cela rendait le jeune dragon confiant dans sa capacité à décapiter ces petites bêtes d'un coup de patte désinvolte.
Son éducation a été faite de manière à ce qu'il n'écoute personne. Indépendant jusqu'au bout des griffes, on lui a dit de n'en faire qu'à sa tête. C'est d'ailleurs bien le seul ordre auquel il obéit. Capricieux, parfois quelque chose le fera se déplacer et s'imposer, un simple fait anodin. Et à d'autres moments, une injustice cruelle se déroulera juste sous ses yeux, d'un air morne il observera la scène sans sourciller. Les querelles des autres ne l'intéressent guère, son cœur et sa tête se concertaient en silence pour décider de quoi faire sans en répondre à qui que ce soit.
C'est un être ardent, une bête à l'extérieur comme à l'intérieur. Son sang boue avec ses émotions. La sensation délicieuse d'obéir à sa nature gouverne son esprit avec une poigne de fer. Un instant calme et soudain quelque chose se réveille en lui, comme un lointain grondement, un tonnerre sauvage. Jamais la simple pensée d'agir comme « un être civilisé » ne lui est venue à l'esprit. On ne l'avait pas élevé pour être un gentil cheval. Il aimait grogner, ruer, rugir. Toutefois, sa bestialité était relative. Qui oserait se poster juste en face d'un dragon en le traitant d'animal ? Non, ce n'était pas une simple bête, c'était une créature libre. Libre d'être sa nature.
Pourtant le Dragon n'avait rien d'un être sans scrupule, massacrant des villages entiers et décimant des espèces. Sa vie semblait bien plus simple, une naïve droiture. Loyal à ses principes, sa nature, mais également à d'autres créatures. Quand son cœur jugeait que d'autres méritaient son respect, il le témoignait par une fidélité à toutes épreuves. Honnête, rien ne l'empêchait de manifester ouvertement tout ce qu'il pensait. Cela lui arrivait très souvent de manifester une certaine condescendance envers les bipèdes. Personne n'y pouvait rien s'ils étaient nés si inférieurs. Galrion peut paraître un peu bourru à première vue, mais en apprenant un peu à le connaître on se rend vite compte que ce n'est pas un mauvais bougre.
De manière générale, le dragon se faisait pacifique. Le manque d'agressivité venait majoritairement d'un manque d'intérêt ou de rage vis à vis d'autres espèces. Honnêtement, la majorité le dégoûtait simplement, ce qui n'ouvrait guère son appétit à leur égard. Il vivait de manière plutôt détachée, regardant paisiblement le monde, une masse d'écailles et de pics fixant d'un œil neutre les diverses créatures qui se pressaient parfois autour de lui. Parfois elles l'amusaient, d'autres elles l'exaspéraient un peu. De manière générale patient, s'énerver en demandait beaucoup. Il fallait vraiment que des êtres cherchent délibérément à le gêner. Des enfants s'amusant à lui grimper dessus ne lui faisait pas le moindre effet, le regarder de travers ne produisait pas plus d'effets. En revanche, attaquez-vous ne serait-ce qu'un peu à ce qu'il chérissait, et même couché sans le moindre mouvement, son grognement ferait trembler la terre l'entourant. C'était le genre de menace qu'il ne réitérerait pas. Si quelqu'un persistait à le défier, cette personne en répondrait douloureusement, soit pour son orgueil, soit pour son corps.
Les dragons avaient la réputation d'être des créatures particulières. Intelligents et sages, ils vivaient depuis les temps anciens, puissants et résistants, on ne pouvait que les envier. Galrion répondait à chacune des caractéristiques de son espèce. Après tout, il avait passé la « Sélection ». Un esprit vif, dans un corps tout aussi vif. Ses réactions étaient précises et rapides même pour sa taille. Il n'aimait pas se laisser prendre à des jeux de bipèdes, dans le sens où physiquement la nature était très largement en sa faveur. Les moins doués ne pouvaient rivaliser avec des créatures comme lui que par l'intellect. Jamais le jeune dragon n'autoriserait cela. Peut-être que certains spécimens le surpassait dans les domaines de l'esprit, honnêtement, cela importait relativement peu. Tant que la distance n'était pas incommensurable, la force brute lui permettrait d'écraser les quelques pas qui lui feraient défaut.
Malgré son flegme, quelque chose suinte. Sa présence témoigne de son fort caractère, il est fier, imposant, une vraie force de la Nature qui sait manifester sans mot son agacement. Cela ne l'empêche pourtant pas d'avoir un tempérament joueur. Avec des bêtes à sa mesure, cela ne le gêne pas de se « défouler » un peu comme deux petits animaux le feraient amicalement. À l'exception qu'eux briseraient quelques petits arbres au passage. Sinon, le dragon a également tendance à être gourmand. Sans pouvoir être complètement acheté pour de la viande, on peut assez facilement le calmer avec de la nourriture, tant qu'elle est bonne. C'est également une des rares raisons pour laquelle il passe en forme humaine, le plaisir des papilles gustatives.




Histoire

Avertissement : la suite contient des propos insultants, choquants ou sexuellement explicites. Cela contient des scènes, des propos ou des actes peuvant heurter la sensibilité des lecteurs.

L'éclosion est une étape très importante de la vie d'un dragon. Un petit être, couvé dans un œuf suffisamment gros pour plusieurs centaines d'omelettes, doit sortir de sa petite coquille. Contrairement aux apparences, ce n'est pas si facile. La paroi est épaisse et dure, le petit être n'est pas forcément assez fort. Bien souvent, ils n'ont jamais l'occasion de voir la lumière du jour et meurt ainsi. Certains dirait que c'est cruel, mais finalement c'est presque le contraire. Trop faible pour vivre, cela leur épargne une vie parfois difficile.
Galrion vient des Montagnes de Feu. Un habitat naturel pour les dragons. Certains parleraient de lui comme un « Dragon sauvage ». Évitez de le lui dire en face ou à un autre dragon venant d'où il vient. Mieux vaut utiliser le terme politiquement correct « libre ». Le qualificatif sauvage s'appliquerait pourtant bien, dans le sens où ils ne cherchent pas à bâtir une civilisation mais simplement à perpétuer.
Dans le cycle des dragons, après la conception et la ponte de l’œuf, les parents le couvent à tour de rôle jusqu'à son éclosion. Ce n'est pas tout à fait correct. La chaleur nécessaire au développement est assurée, mais vient un moment où les parents jugent que cela ne vaut plus la peine. A la saison chaude, les nouveaux nés ont environ une semaine pour éclore, après quoi ils sont considérés mort-nés. Une dure loi tacite pour ne garder qu'une progéniture puissante et capable de perpétuer les diverses lignées.
Lui avait éclot au sixième jour, quand ses parents commençaient à se lasser et se dire qu'il ne survivrait pas. Ce fut une surprise, mais une agréable. En général tout se déroulait dans les deux premiers jours. On trouvait alors 90% de la nouvelle génération. Les suivants étaient chanceux d'être en vie, mais malchanceux d'avoir tardé. Au septième jour, même si le dragonneau naissait, ses chances de survie étaient quasiment nulle. L'implacable loi ne commençait qu'à peine.
Les parents nourrissaient délicatement leur enfant tandis qu'ils apprenaient rapidement à se déplacer. En général, au bout de cinq autres jours, des petits lézardaient un peu partout. Il était déjà l'heure de voler. Dix jours après la première éclosion, les petits étaient jetés du haut d'une falaise. Qu'ils marchent, qu'ils pleurent, qu'ils volent déjà. S'ils ne savaient pas voler avant d'arriver en bas, ce ne seraient que des tâches de sang que la pluie balaierait.
Étant sorti le 6ème jour, Galrion avait tout juste eu le temps de faire ses premiers pas correctement que l'on lui fit faire le grand plongeon sans sourciller.

Ce fut terrifiant.

Ses souvenirs de ce premier jour étaient gravés à jamais dans sa mémoire. La gueule béante de son père l'avait attrapé par la queue tandis qu'il bondissait sur un rocher maladroitement. La dernière image qu'il eu de lui fut la couleur rougeoyante de ses écailles avant que le bord de la falaise ne le cachât. Il tombait et déjà le dragonneau savait que la mort l'attendait. Le cri de désespoir de plusieurs dizaines d'autres résonnèrent avec la sien, à tel point que sa voix lui parut inexistante.
Galrion avait peiné à sortir de sa coquille, et avant qu'il ait vu sa première semaine écoulée, on tentait de le tuer.
Même en sachant que sa voix ne résonnait pas, il hurlait. Se débattant, s'agitant, désespérant. Même sans connaître de juron ou quelque autre mot, le dragon se souvenait de cette sensation, cette envie de maudire, de condamner et damner toute l'Existence qui lui infligeait une mort si injuste.
Il se rappelait le Désespoir. Il se rappelait l'Horreur. Il se rappelait la Rage. Ces émotions bouillantes, ce tourbillon qui rendait flou tout son environnement. Et plus que tout ce simple désir : survivre. Le refus de mourir ainsi, pas après seulement quelques jours. Galrion voulait le monde dans toute sa curiosité, vivre, courir, chasser, jouer, manger et boire. Trop de choses l'attendaient pour que cela se finisse de cette manière.
Alors il fit fasse à son ennemi, ce sol qui se rapprochait dangereusement, n'attendant que sa carcasse comme trophée. Ouvrant sa gueule comme pour tenter de le déchiqueter de loin, il se débattit. Ses ailes, malmenées par la vitesse de la chute, le gênaient. Les déployer dans de tels conditions requérait une force considérable. Honnêtement, c'était la première fois qu'il essayait de bouger ce qui se trouvait sur son dos, tout comme la majorité des autres tombant avec lui. Certains avaient déjà réussi à déployer leurs ailes et planaient maladroitement.
Il fallut encore plusieurs secondes avant que ses ailes ne lui obéissent. D'interminables instant de peur, de rage et d'efforts. Un instinct primaire le sauvait de la mort. Ceux qui ne naissaient pas « Dragon » mourraient. La joie de ce premier vol envahissait certains dragonneaux, tandis que les premiers faibles s'écrasaient dans un horrible craquement un plus bas. Mais aucun des survivant n'y prêtait une réelle attention, trop absorbés par les caprices du vent. La sélection naturelle continuait, et bientôt les parents assistèrent à une danse macabre. La sinistre parade des ailes et du sang prit lentement fin, tandis que se posaient maladroitement les survivants au milieu des morts.

Si seulement cela s'était arrêté là...

Il ne fallut guère longtemps aux petits pour se rendre compte du problème. Les parents se trouvaient en haut et eux en bas. Pour manger, ils devraient remonter l'immense rempart. Leur calvaire semblait seulement commencer. Certains tentaient d'escalader, d'autres agitaient leurs ailes, mais ce n'était pas aussi facile de prendre son envol. Planer constituait la première marche, les autres restaient à gravir.
Ainsi commença les efforts soutenus ou désespérés. Les petits se tortillaient, s'agitaient en tous sens. Bondissant, gémissant, hurlant, chacun tentait sa méthode pour gravir cet obstacle. Après plusieurs essaient infructueux pour s'envoler, Galrion décida de tenter de gravir. Cela s'avérait plus facile, mais plus délicat. Il avait du mal à planter ses griffes tant la roche était fragile.
La chute ne tarda pas. Par réflexe, il déploya ses deux ailes et se posa plus délicatement que la première fois. En plusieurs heures, pas un n'avait réussi à monter à plus de vingt mètres, et même là, le sommet était encore loin. Ces quelques heures suffirent à réaliser un horrible fait qui tirait d'horribles gémissements. Plus ils se débattaient pour monter, plus ils s'épuisaient, creusant lentement la famine entre leurs flancs.
Jusqu'à présent Galrion n'avait jamais été le premier, mais cette fois il le fut. Du haut de son petit rocher, ses ailes déployés, le dragonneau s'élança dans le vide. Tentant de battre plusieurs fois des ailes, il maintint péniblement une certaine altitude pour se poser au sol. Honnêtement, ce court vol n'était pas désespéré au point de croire pouvoir remonter. Non, cela servait juste à s'approcher d'un de ses camarades décédés. Même des années plus tard, il se souvenait encore des écailles blanche, de l'odeur du sang. La tête proche, reniflant avec hésitation, le dégoût s'emparait de lui. Cependant, ce n'était pas une question de choix mais de survie. Écartant la mâchoire, il planta ses crocs dans le corps inerte. Arrachant la chair avec les écailles, il sentit un sang dont le chaleur, conservée par les écailles, lui coula dans le gosier. Galrion éructa subitement, lâchant la chair fondant dans sa gueule. Il régurgita le peu qui avait pu glisser jusqu'à son estomac. Le dragon ne se découragea pas pour autant. Que cela le répugnât, que son corps le rejetât, que ce cadavre le maudît, la survie l'exigeait. La nourriture ne lui avait jamais parut si écœurante. Sans doute était-ce le fait de manger un être semblable à lui-même. Avec un peu moins de chance, leurs positions auraient été inversés. N'importe quel autre aurait pu se repaître de ses entrailles. Cette pensée informulée le dégoûtait et il du s'y reprendre à plusieurs fois afin d'avaler. Le plus difficile consistait à garde la nourriture à l'intérieur de son estomac. Quelques autres épuisés vinrent regarder ce qu'il faisait, reniflant. Ils mirent autant de temps que lui à se résigner. En moins d'une heure, tous les survivants s'essayaient au cannibalisme. Ceux qui ne le supporteraient pas seraient condamnés.
Une fois repu, Galrion s'allongea un instant pour tenter de contrôler sa nausée. Pourquoi devaient-ils en arriver à cette extrémité ? Le dragonneau secoua la tête, tentant d'oublier ce qui se passait pour se concentrer sur l'ascension que certains reprenaient déjà. Son idée était simple, prendre un peu d'altitude pour faciliter l'envol, et tenter de monter par la suite. Ceux essayant de s'envoler depuis le sol se faisaient rares, l'effort requis était trop grand et leurs corps pas encore assez forts.
La lutte fut difficile, longue et périlleuse. Mais peu à peu, certains réussissaient à monter. Galrion adorait cette sensation de liberté. Ce vent lui faisait tout oublier, toute l'horreur de la situation. Il y prenait un véritable plaisir, et ce dernier motivait le saut suivant. Tout ce qui lui importait à cet instant était l'altitude. Plus haut, toujours plus haut, vers le ciel et ses nuages, vers ce Soleil et ses éclats. Subitement il se sentit plus léger, l'air semblait le porter plus aisément. Redoublant d'efforts, son altitude se fit de plus en plus haute, jusqu'à s'élever plus haut que la falaise d'où ils avaient été précipités. Dérivant tranquillement sur ce courant ascendant, les paupières closes, tout demandait à être apprécié avant de retourner à un monde bien cruel.
La journée avait été longue et éprouvante, les survivants tombèrent les uns après les autres dans un sommeil lourd, comme pour oublier les événements. Entassés en boules, ils avaient évité de s'éparpiller au milieu des adultes de peur de se faire jeter à nouveau. Mais ce ne fut qu'au matin qu'ils réalisèrent le pire. Les parents ignoraient les cris de famines de leurs progénitures. Voler leur permettait de chasser, alors leur donner la becquée devenait inutile. Ils devaient être capables de se nourrir par eux-mêmes.

Ainsi commencèrent les premières chasses, maladroites, peu à peu ils s'amélioraient, cherchant à se faire plus discret. De petits animaux, de plus gros, peu importait tant que cela les nourrissait. Désormais les bébés dragons pouvaient se débrouiller seuls pour survivre. Les principaux problèmes de la vie avaient été présentés et réglés de manière brutale, éliminant les faibles sans ménagement.
La suite de leurs vies fut plus paisible. Les principaux défis avaient déjà été relevés, désormais, les parents s'occupaient essentiellement de l'éducation, la langue, la culture, la magie, tout ce qui était bon à savoir et à perdurer. Des histoires par milliers, des combats, le but n'était plus de se débarrasser d'eux mais de les élever aussi haut que possible pour bâtir une génération meilleure que la précédente.
Peu à peu, les jeunes dragons comprenaient la culture dont ils héritaient. Ce n'était pas des animaux de compagnie, de braves destriers célestes. Ils avaient ce devoir de préserver l'état originel de leur espèce. Ce groupe envoyait au diable toute forme de société et de restriction. Chacun était parfaitement autonome, et incessamment sous peu, chacun irait de son côté, croiserait parfois quelques autres dragons avec qui voyager un moment, puis partirait parmi les bipèdes. Cela n'avait aucune importance. Il ne devait pas y avoir la moindre pression, la seule obligation était de perpétuer cet héritage, se retrouver pour la saison, couver la génération suivante, l'élever. Et au final, la laisser prendre définitivement son envol. Les liens de la famille avaient complètement disparu. Galrion ne savait même plus discerner ses parents des autres dragons. Son père était rouge, sa mère était verte. Au-delà de ces simples faits, sa perception devenait floue. À ses yeux, ses géniteurs n'avaient fait que fournir la matière de sa conception. Que ce soit enfants ou parents, personne ne devait rien à personne.
Avant même qu'ils ne s'en rendent compte, les enfants se retrouvaient seuls, livrés à eux-mêmes, privés de toute attache. Certains mirent quelque jours avant de se résoudre à quitter le Nid, mais la plupart savait déjà que l'Enfance était censée être révolue. Désormais, un vrai défi les attendait : le monde. Ce qu'ils apprendraient de plus ne tenait qu'à eux, l'essence de leur espèce se trouvait déjà en eux, bien que ce fut gravé de la manière la plus cruelle qui soit. Quelques uns se rassemblaient en petits groupes afin d'affronter plus sereinement la suite, mais finalement, tous apprécieraient le vent de liberté qui gonflerait leurs ailes.

Ses premières années furent relativement recluses. Il explorait, apprenait de la nature, observait de loin les êtres que l'on lui avait décrit sous bien des formes. Même si on les lui avait décrit comme des petites choses fragiles, Galrion ne se faisait pas d'illusions, c'étaient d'énormes bêtes à écailles qui le lui avait dit, pas de minuscules comme lui. Et même dans le cas contraire, il n'avait pas vraiment assez de confiance en lui pour aller proche d'eux. Rien ne l'y obligeait, s'en abstenir lui convenait donc.
Sa première rencontre arriva de manière très impromptue. Comme à son habitude, le dragon se baladait un peu partout sans vraiment se soucier des alentours. Une petite plage bien sympathique s'offrait à lui, avec quelques récifs rocailleux baignés dans la mer. Paresseusement, il se coucha tout au bord de l'eau, sur un rocher relativement plat. Il appréciait silencieusement la chaleur du soleil sur son corps, se surprenant parfois à ronronner, et somnolant quelque peu.
On pouvait raisonnablement imaginer qu'on lui foutrait la paix. Après tout, relativement isolé, énorme, endormi, qui aurait la stupide idée de venir l'embêter là où il y avait pleins d'autres endroits pour se divertir ? Mais non, quelqu'un avait décidé de l'importuner.
— Hé !
Galrion entendit une voix, au loin. Ou peut-être était-elle proche, cela lui importait peu, et tout était bien trop embrouillé dans son esprit pour y prêter attention.
— Hé ! Debout !
La voix insista, parasitant un peu plus l'univers serein du dragon doré. Même sans avoir la moindre intention de lui obéir, il devait admettre que taper contre ses écailles, couiner et l'appeler sans arrêt avait tendance à l'empêcher de rester endormi.
— Oh la machin énorme là !
Galrion ouvrit une paupière lourde, exaspéré, mais c'est un œil vif qui dévisagea le petit être qui le gênait. L'humaine recula dans l'eau, comme si un petit mètre de distance le sauverait si le « machin énorme » décidait de la croquer.
— Oh le minuscule truc, répliqua-t-il mollement.
— Bouge, c'est ma place.
Sa voix exaspérante déblatérait des sottises avec une assurance teintée de crainte. Ce spectacle n'était ni amusant, ni divertissant. Ne trouvant aucun intérêt dans cette chose qui le dérangeait, le dragon bougea simplement sa tête pour la mettre un peu plus loin au bord de l'eau.
— Pas aujourd'hui.
Pendant un instant, il n'y eut que le bruit des vagues, l'odeur iodée de la mer et la douce chaleur du soleil. Honnêtement, cela ne le concernait pas. Que la petite chose soit encore là ou pas, sa sieste l'attendait.
— Je viens toujours ici, alors c'est ma place. Va ailleurs chasser des oiseaux.
— Et toi va nager un peu plus loin, disons très très loin, là où je pourrai pas t'entendre.
— Voleur.
— Parasite.
— Lézard.
— Bipède.
— Hé ! Je suis pas un bipède ! Je suis une sirène.
Galrion surprit, se redressa avant de regarder plus attentivement l'étrange créature qui le fixait. Une longue chevelure brune, à moitié nue. Sous l'eau, il distinguait effectivement des écailles, bien qu'elles soient moins jolies que les siennes.
Cela vérifié, son regard se posa sur le visage lui faisant face. Un sourire découvrit tous ses crocs tandis qu'il approchait de quelques centimètres sa gueule de l'eau.
— Oh... Toutes mes excuses...
— Bouge, Lézard.
— Casse-croûte.
Il fit claquer ses dents dans le vide juste devant l'endroit où se trouvait la sirène un instant plus tôt. Cette dernière disparut instantanément en entendant le nouveau surnom qu'il lui avait donné. Paisiblement, Galrion repartit à ses songes, souhaitant que cette fois, personne ne le gênerait.

Les jours suivant furent paisiblement similaire. Par provocation et jeu, le dragon s'installait à sa place, se reposant. De temps à autres il ouvrait les yeux, distinguant parfois une silhouette plus au large qui l'observait. Cette attitude amusait le jeune dragon qui prenait un malin plaisir à s'installer toujours à la même place.
Lorsque la faim se faisait ressentir, après un étirement bien mérité il s'envolait tranquillement. Le moment du retour lui était plus amusant. Il la voyait à sa place et se posait lourdement un peu en retrait avant d'avancer. À chaque fois la sirène avait disparu. Ils jouaient à chat et visiblement, elle ne tenait pas à perdre.
Ce petit jeu continua ainsi, mais une question taraudait Galrion. Pourquoi s'acharnait-elle ainsi ? Après tout, un autre endroit pouvait être tout aussi bien.  Rien ne l'obligeait à guetter son départ quotidiennement, ni à venir s'installer en risquant sa vie dès que l'occasion se présentait. Après tout, rien ne l'assurait qu'il ne l'attraperait pas en vol pour la dévorer, surtout après l'avoir appelé « Casse-croûte ».
Il hésita. Après tout rien ne l'obligeait à céder au caprice de Sirène Princesse des Mers. Pourtant, il éprouvait de la curiosité envers cette petite créature têtue et agaçante. Lourdement mais de bonne grâce, Galrion se déplaça légèrement afin de libérer assez de place à son casse-croûte.
Plusieurs jours passèrent ainsi, sans que rien ne change réellement. La petite sirène l'observait toujours à distance, mais elle semblait se rapprocher petit à petit.
Un jour où il dormait paisiblement, ronflant légèrement et grattant les rochers alentours, la petite chose s'aventura à reprendre sa place. Elle ne fit pas un bruit, ne fit pas glisser la moindre pierre dans l'eau, n'en projeta aucunement.
Honnêtement elle aurait pu rester là des heures sans le réveiller si elle avait su garder ses larmes.

Ses sanglots parvinrent aux oreilles de la créature endormie à ses côtés, perturbant son repos. Lentement, Galrion s'étira, bâilla en ouvrant une gueule béante avant de reposer sa tête et fixer la poiscaille. L'expression de cette dernière lui était indéchiffrable. Probablement un mélange de peur, de colère, de tristesse et de honte. Ces choses ne lui étaient pas complètement étrangères, mais il n'avait pas vu assez d'humains pour discerner leurs fonctionnements. Bien qu'elle ne le soit pas complètement, son visage s'exprimait de la même manière.
Aucun des deux ne bougea ni ne parla. Ils se fixaient en silence. Il y avait pourtant une chose que même les dragons partageaient avec les autres espèces dans l'expression faciale. Les larmes qui coulaient le long de ses joues parlaient toutes les langues.
Dans un vif mouvement, la sirène se cambra pour retourner à la mer, mais une patte griffue vint l'attraper, la plaquant au sol. Galrion n'y mettait aucune force, laissant juste le poids de sa patte immobiliser son casse-croûte. Elle hurla, pleura, se débattit, frappa la patte de ses petits poings. Rien n'y faisait.
— Pitié, ne me mangez pas, pleurnicha-t-elle.
— Je ne vais pas te manger. Tout ce qui parle est trop agaçant quand on veut les égorger.
La sirène pleura alors de plus belle. Sans réellement comprendre, le dragon ferma ses paupières sans pour autant s'endormir.

Cela lui prit un certain temps, mais la petite créature finit par se calmer. Alors que des larmes arides continuaient de répandre une trace salée sur son visage, elle lui raconta sa peine. Sa mère était morte quelques mois auparavant, une malheureuse maladie. Les derniers jours de sa vie, elles venaient toutes deux ici contempler la mer, les merveilleux levers et couchers d'un Soleil bien froid. Chaque jour depuis, cet endroit l'accueillait pour se remémorer de douloureux souvenirs. Ses pleurs ne voulaient pas s'arrêter, son cœur se serrait sans cesse dans sa petite poitrine. Jamais elle n'entendrait encore le doux murmure de sa mère comme durant ces derniers jours. Il n'y aurait plus de lendemains pour elles ensembles. Que n'aurait-elle pas donné juste pour recevoir la colère de sa défunte mère, mais même quelque chose d'aussi désagréable ne serait accordé.
Galrion ne comprenait pas réellement. On l'avait fait naître fort et indépendant, la famille ne signifiait pas grand chose à ses yeux. Incapable de reconnaître sa propre mère, la pleurer serait difficile. Il ne se liait pas, trop solitaire, trop fier et trop prudent pour se laisser approcher par d'autres. Pourtant, il se retrouvait là, au bord d'une mer de tristesse, une douce sirène larmoyante qui cherchait désormais la chaleur sous sa patte.
À cet instant, un étrange mélange se faisait dans son esprit. Cette créature était faible, fragile autant physiquement que mentalement. Et pourtant, pour une obscure raison, il l'observait, distinguant cette étrange lueur dans l'obscurité. Galrion ne savait ce que c'était, ni même pourquoi cela le fascinait, cependant il l'enviait. Cette petite chose avait un joyaux magnifique dont l'existence même lui était inconnue et désormais il le convoitait.

Pendant plusieurs jours, son regard sonda la sirène. Ils partageaient chaque lever et chaque coucher de Soleil en silence. Parfois elle venait le voir plusieurs fois dans la même journée, parfois même la nuit. Lui restait là, cherchant ce qui semblait lui échapper.
Et vînt un jour où il le lui demanda.

— Comment faire pour pleurer ?
Sa question surpris Miya. Habituellement, il parlait peu. Poser une question, ce devait être la première fois qu'il montrait ouvertement son intérêt.
Le regard de la sirène partit à l'horizon. Un bref et pâle sourire caressa son visage, comme la fraîche brise marine. À force de la voir, Galrion pensa y déceler une forme de peine, mêlé d'une profonde affection.
— Pour pleurer, il faut avoir des choses auxquelles on tient. Des choses que l'on veut protéger et pour lesquelles on en sacrifierait d'autres.
Le dragon réfléchit un instant, songeant à tout ce que sa vie lui avait apporté jusqu'à maintenant. Il y pensait distraitement, tout en connaissant déjà la réponse. S'il avait possédé une chose aussi précieuse, ce sentiment ne lui serait pas aussi inconnu. Sa vie solitaire ne lui avait apporté personne à considérer, ni d'objets à chérir. Seule sa liberté répondait aux critères de la jeune sirène, mais ne rien avoir à sacrifier pour la protéger suffisait à la mettre hors classement.
— Je n'ai rien ni à protéger, ni à sacrifier. C'est ce qui me rend fort et dangereux. Il n'y a rien d'autre dont j'aie besoin.
— Si tu n'as besoin de rien d'autre. Pourquoi tiens-tu tellement à pleurer ?
Le pâle visage de la sirène se tourna vers lui. Si faible que ses mains ne pouvaient ne erait-ce que bouger un de ses ongle, si chétive qu'un seule claquement de mâchoire aurait suffit à arracher sa tête, si stupide que chaque jour elle venait pleurer sa mère. Et pourtant, cette petite créature venait d'enfoncer un pieu à travers son armure d'écailles. Il ressentait un terrible pincement sous sa peau, cela le grattait, mais la démangeaison ne partait pas. C'était vrai, aussi minuscule soit-elle, la sirène possédait quelque chose qui lui manquait.
— Et comment faire pour les trouver ?
— Je ne sais pas. Peut-être faut-il déjà les chercher et s'intéresser à tout ce qui peut nous entourer.
Le dragon la dévisagea un instant, jugeant le degré de véracité que ses paroles pouvaient contenir. Cela semblait plutôt ennuyant et dérangeant d'avoir à protéger. Mais au fond, si cela ne lui plaisait pas, rien ne l'empêcherait d'arrêter pour reprendre une vie plus à son goût.
— Et toi, as-tu encore des choses auxquelles tu tiens ?
Un instant, la sirène sembla hésiter, le regard perdu à l'horizon. Le Soleil semblait sur le point de se lever. Une nouvelle aube qu'elle contemplerait sans sa mère.
— Oui, souffla-t-elle. À demi convaincue.
— Si tu as des choses à protéger, si tu as des choses à sacrifier, tout ce que tu as à faire c'est te lever et avancer. Laisse-moi t'aider pour le premier pas, pour qu'aujourd'hui soit l'aube du premier jour du reste de ta vie.
Avant qu'elle n'ait le temps de prononcer le moindre mot, une patte puissante serra ses griffes autour de sa taille. Alors que l'horizon tremblait dans la rage ardente du Soleil, des griffes tailladait la roche où la sirène se trouvait un instant auparavant. Des coups puissants déchiraient ce lieu de paix afin de ne laisser que des ruines d'un passé lointain.
Le dragon ne faisait pas attention aux cris et aux lamentations. Il déploya les deux ailes de sa carapace dorée, donnant de puissant coup. Il fouettait l'air et s'éleva rapidement au milieu des cieux, bien au-dessus de la mer. Le vent balayait leurs corps, et dans cette immense étendue, ils n'étaient que deux petits points insignifiants. Enfin, il s'arrêta, bien au-dessus de tout ce qu'ils avaient pu voir. Son regard posé sur l'horizon, ses ailes battaient à un rythme régulier pour maintenir l'altitude. Le Soleil perça enfin l'horizon, illuminant leurs deux corps écailleux d'une paisible lumière. Le vent était puissant à ses oreilles, mais la sirène entendit chaque mot que le dragon formula.
— Contemple ce monde. Ceci est ton domaine. Ceci est ton avenir. Tout ce que tu as à faire, c'est un pas pour l'embrasser.
Sa patte ne serrait plus la jeune sirène. Elle lui lança un regard indéchiffrable, si profond qu'aucun mot ne pouvait exprimer ses émotions. Chacun devait aller sur son chemin, mais les leurs ne s'étaient pas croisés pour rien. Ce jour marquait le commencement de quelque chose de nouveau, un trait sur le passé pour se consacrer à tout autre chose.
La sirène sauta dans le vide, tombant vers l'océan dans la puissante lueur du Soleil. Elle regarda tout autour d'elle, les teintes des Cieux, les caprices de l'Eau, les motifs de la Terre. C'était un autre monde, pleins de merveilles dans lequel elle plongeait. Son cœur se serra dans cette longue chute. Elle savait que ce soir, le dragon ne serait pas à sa place, ni le lendemain, ni aucun jour d'après. Mais elle non plus n'y serait plus. C'était douloureux mais libérateur, comme sortir d'un long sommeil. Il y avait eu des peines tout comme des joies, que cela se termine ne pouvait être plaisant. C'était juste le premier pas du commencement.

À partir de ce jour, Galrion quitta la plage sans se retourner. Était-ce cela un sacrifice ? Sans doute, car son cœur se serrait à la pensée de cette paisible plage laissé derrière lui. Il ne savait même pas pourquoi elle devait rester dans son passé. Son avenir ne pouvait pas être plus nuageux, pourtant ses  ailes le portaient ailleurs, vers un monde plus riche.
Jusqu'à maintenant, les bipèdes n'étaient pour lui que des insectes à regarder de loin. Quelques fois il en avait croisé un, mais sans y faire plus attention. Cette fois, il voulait les rencontrer, contempler par lui-même la différence et ce que chacun pouvait apporter aux autres.

(Suite au message suivant)







Dernière édition par Galrion le Mer 24 Juin - 19:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Galrion - Dragon Mer 24 Juin - 19:16



Galrion Norgar
« Si tu as des choses à protéger, si tu as des choses à sacrifier, tout ce que tu as à faire c'est te lever et avancer. Laisse-moi t'aider pour le premier pas, pour qu'aujourd'hui soit l'aube du premier jour du reste de ta vie. Contemple ce monde. Ceci est ton domaine. Ceci est ton avenir. Tout ce que tu as à faire, c'est un pas pour l'embrasser. »


Histoire

Avertissement : la suite contient des propos insultants, choquants ou sexuellement explicites. Cela contient des scènes, des propos ou des actes peuvant heurter la sensibilité des lecteurs.

Sa première vraie rencontre fut pour le moins particulière. C'était dans un village assez grand, et relativement proche des montagnes, paisible, légèrement isolé mais vivant. Cet endroit l'avait attiré sans que cela ne s'explique réellement. Sans doute voulait-il simplement revivre un peu les moments sur la plage.
Galrion se posa timidement près de l'entrée du village. Cela ne faisait aucun doute qu'il ne pouvait pas se balader sous cette forme à l'intérieur. Les rues ne semblaient pas faites pour qu'un dragon puisse y circuler librement. Les gens, sans paraître complètement rassuré par la présence d'une bête imposante à l'entrée, ne paraissaient pas plus surpris ou intimidés que cela. Il le savait, mais c'était la première fois qu'il l'expérimentait lui-même. Les dragons n'étaient pas tous élevés comme lui, encore moins aussi libres. En fait, on lui avait clairement dit des années auparavant que la grande majorité obéissait à des règles et vivait en harmonie avec les autres. Bien qu'il n'ait pas l'impression que son mode de vie soit en complète désaccord avec eux, cela le fascinait. Pour l'instant, l'idée de les considérer comme des égaux lui était inconcevable. Rien qu'à les regarder fourmiller, cela devenait clair que les bipèdes n'avaient aucune prestance.
Honnêtement, prendre forme humaine n'avait rien de difficile, mais il n'était pas né dragon pour se balader dans un corps couvert de poils. Il n'avait jusqu'à présent jamais eu l'occasion d'expérimenter une situation l'obligeant à prendre une autre forme. Avec un soupir de lassitude, Galrion laissa son corps changer avec une pointe d'irritation.
Cela lui faisait bizarre, son corps répondait déjà d'une manière différente à ses gestes, et il passa un moment à contempler ses bras nus. Pliant et dépliant ses doigts avec une certaine fascination, il se convainc que cette nouvelle expérience pourrait lui être profitable.
Quand son regard quitta sa petite bulle, le dragon remarque que plusieurs personnes le regardaient étrangement, certaines parlaient même à voix basse, cachées derrière une main comme si cela empêchait de les voir. Les bipèdes ne faisaient décidément qu'étaler leurs stupidités. À peine cela commençait que Galrion se lassait déjà un peu. Devait-il abandonner et retourner à sa vie ? Non, quelque chose lui manquait. En tant que dragon libre, il désirait vivre une vie peinte d'émotions. Si se pavaner parmi eux pouvait l'y aider, cela lui convenait.
— Oups. On va couvrir tout ça, hein ?
Il sentit quelque chose autour de sa taille, et une voix juste au-dessus de son épaule, presque au creux de son oreille. Ne craignant aucunement le bipède qui se glissait dans son dos, Galrion n'esquissa aucun mouvement. Au contraire, il y montra même de l'intérêt, regardant ce qui se passait vers le bas de son corps. Un tissu blanc taché à quelques endroits de terre venait d'être enroulé autour sa taille. Il pouvait voir deux manches pendant paresseusement le long de ses jambes, caressant délicatement ses pieds nus. Le corps humain était bien plus sensible qu'il ne se le rappelait.
Même s'il manifestait un léger intérêt pour ce que le bipède avait fait, le dragon ne savait ni quoi dire, ni quoi faire. Pire, il ne voyait même pas l'utilité de cette action. Certes, on le lui avait expliqué, et ses yeux le constataient : les bipèdes couvraient leurs corps de tissus. Mais le but de tout ceci le dépassait un peu.
— Tu pourrais tenir la chemise s'il te plaît ?
Le regard de Galrion passa du visage qui le fixait à sa hanche où une main maintenait le tissu autour de sa taille. Bougeant la main avec hésitation, il serra les deux morceaux. Aussitôt, l'autre lâcha sa prise afin de distancer leurs deux corps. Encore une particularité des bipèdes, cette façon de penser qu'une distance physique est nécessaire. Lui n'avait rien contre la distance ou la proximité, une personne collée à lui ou loin de lui revenait au même. Quelles étranges coutumes.
L'humain qui se tenait désormais à côté de lui faisait approximativement la même taille, ce qui fascinait un peu le dragon. Maintenu par une ceinture, une autre pièce de tissus le couvrait de la taille aux pieds. Mais ces derniers étaient cachés dans deux bottes un peu crasseuse. Galrion détailla le corps de l'autre, avant de regarder les autres humains. Son regard gênant l'autre, il finit par croiser les bras sur sa poitrine nue. Ainsi, ce bipède avait retiré le tissu du haut de son corps pour le mettre autour de sa taille. C'était étrange.
— Pourquoi as-tu...
Il n'eût pas eu le temps de finir sa phrase que l'autre se glissa derrière lui pour le pousser, ses deux mains plaquées sur ses omoplates.
— Oui oui, bon on va bouger hein, parce que tout le monde nous regarde.
Galrion se laissa faire, constatant que les autres les observaient avec réprobation. L'inconnu le poussait dans les rues, changeant parfois de direction. Encore un fait attestant de leur faiblesse. En tant que dragon, il pouvait faire une ligne droite entre deux points, inutile de faire des détours superflus. C'était rapide et efficace. Que demander de plus ?
Ils arrivèrent finalement face à une porte que l'autre ouvrit rapidement avant de le pousser à l'intérieur. Fermant vivement derrière eux, il poussa un long soupir avant de sembler ralentir le rythme. Maintenant isolé, cela semblait beaucoup moins le préoccuper. Leur monde paraissait vraiment inutilement complexe.
— C'était probablement pas une bonne idée de prendre forme humaine sans vêtement.
— Je suis un dragon. Je ne porte pas de vêtements.
— Certes, mais nous, on aime bien cacher nos corps des autres, surtout quand le corps a évolué au-delà d'un certain stade...
Le bipède fit un étrange moulinet du poignet, fixant un rapide instant la taille de Galrion avant de baisser la tête vers le sol, gêné. Cette situation dépassait ses maigres connaissances en la matière. Il y avait sans doute beaucoup d'éléments qui lui manquait concernant ces coutumes.
Sous sa forme temporaire, il regarda son corps étrangement. Cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas donné la peine de la prendre, mais beaucoup de choses semblaient bizarres. Plus grand, même si cela restait petit à ses yeux, le corps avait des formes plus marquées. Il fit plusieurs gestes pour évaluer les changements, tendant les bras, pivotant. C'était étrange. Dans ses souvenirs ce corps était moins malléable, plus capricieux.
Avant même qu'il ne s'en rende compte l'autre s'était jeté à genoux devant lui. Était-ce le changement de luminosité dans la pièce comparé à l'extérieur, ou alors son visage était écarlate ? En tout cas, il avait ramassé le tissu tombé par terre. Galrion n'ayant pas l'habitude, ni même réellement l'envie, le tissu avait glissé à ses pieds sans qu''il y prête une attention particulière.
— Essaie de garder ça autour de ta taille... s'il-te-plaît.
— Oh, j'avais oublié. Mais pourquoi ?
— Parce que tu es grand et qu'il y a des choses à cacher. En général, on aime pas trop afficher notre anatomie.
— Mais j'ai rien à cacher, je suis parfaitement à l'aise avec mon anatomie
— Oui mais même si tu es très bien bâti et que tu n'as aucunement à complexer, les autres peuvent être jaloux tu vois, alors tu caches pour que personne ne t'envie.
Tandis que Galrion se perdait dans ses pensées en regardant autour de lui la maison, un craquement attira son attention. L'homme à genoux devant lui sursauta, pris un peu de panique. Une femme apparut alors d'une autre pièce, visiblement curieuse de la raison des chuchotements. Le spectacle fut à la hauteur de ses attentes, le dragon, nu car l'autre avait lâché le tissu sous le coup de la surprise, l'autre accroupit devant lui. Cet fois Galrion en était sûr, l'homme était vraiment devenu écarlate, tout comme la femme d'ailleurs, du même âge qu'eux à ce qu'il pouvait juger, malgré qu'il n'ait pas une très nette idée de son âge dans ce corps.

Un bon moment fut nécessaire, à grand renfort de cris, de gifles, d'excuses et de force afin de calmer la situation. Le dragon vivait tout cela de manière extrêmement détachée, comme si cela ne le concernait pas vraiment. Ils finirent tous assis en tailleur, la chemise sur les jambes de Galrion, l'autre implorait le pardon, et suppliait que la femelle l'écoute. Cette dernière calmée écouta les explications précipitées du jeune homme qui craignait une autre crise. Fort heureusement, une fois terminé, la jeune femme sourit.
— Ah, je vois. Veuillez m'excuser de m'être emportée, dit-elle au dragon un peu gênée.
Le mâle semblait dépité qu'elle ne juge pas bon de lui présenter également des excuses.
— Oh ce n'est pas grave, j'en apprends un peu en vous regardant. Je suppose que vous copulez ?
La tension remonta d'un cran quand le regard de l'humaine se posa sur son compagnon. Il y avait une rage inexplicable dans son regard, tandis que l'autre manquait de s'étouffer.
— Non mais ça suffit là ! Tu peux pas te taire deux secondes ?!
Cette fois ce fut le contraire, l'atmosphère bouillante de la femme fut remplacée par une atmosphère glaciale émanant du dragon.
— Je ne reçois pas d'ordre.
— Ce n'est pas un ordre, c'est une demande ! J'ai déjà du mal à la faire écouter calmement, si tu dis en plus des choses bizarres je vais pas m'en sortir !
L'humain en avait des sueurs froides. Galrion ne le laissait pas le moins du monde marcher sur ses pieds et marquait clairement son territoire. Même sous cette forme, sa nature ressortait très largement.
— Oh je vois. Copuler est bizarre pour les humains ? Comment faites-vous vos enfants ?
— Ce n'est pas bizarre ! On fait ça normalement ! C'est juste qu'on en parle pas !
Le jeune homme soupira, fatigué par cette situation. De ce que compris le Dragon par la suite, bien qu'il n'y prête pas particulièrement attention, ce n'était pas chez le mâle mais chez la femme, plus exactement ses parents. Apparemment, ils n'étaient pas encore considérés comme assez en âge pour copuler ou habiter ensemble. Après un moment à expliquer ce qu'il pouvait ou ne pouvait pas dire ou faire, un détail sembla attirer l'attention de l'humain.
— Au fait, nous ne connaissons pas ton nom. Comment doit-on t’appeler.
— Galrion. Et vous ?
— Jin et Innaes... Qu'est-ce que tu fais ?
Le jeune dragon s'était avancé vers l'humain, tellement proche que cela le mettait très mal à la et le reniflait un peu partout.
— J'apprends ton odeur. Ce n'est pas comme ça que vous faites entre humain ? En tout cas, mon odorat est moins développé sur cette forme... quelle est la partie la plus odorante ?
— Non ! On ne renifle personne ici ! Et les parties odorantes sont privées !
Jin éloigna le dragon tout en articulant les dernières syllabes de sorte que le dragon les intègre bien.
— Je vois. Il vaut mieux demande alors. Je peux te humer ? Demanda-t-il à l'adresse de la jeune femme.
Bien que surprise, elle lui fit signe qu'il pouvait s'approcher.
— Cela en fera au moins un qui prêtera attention à mon parfum
Alors que le dragon s'approchait, le jeune homme le tira en arrière.
— Je viens de te dire que ça ne se faisait pas !
— Mais elle vient aussi de dire que je pouvais ! Protesta Galrion.
— Oui mais c'est MA femelle ! Répliqua l'autre.
Boudeur et privé de reniflements, il s'assit en silence tandis que les deux autres s'expliquaient sur l'appellation « ma femelle ».
— Bon, conclut Jin, c'est pas tout, mais il lui faut quelques vêtements. Il est plus large d'épaules que moi, t'aurais pas un truc pour lui ?
Après avoir passé quelques moments dans une autre pièce, Innaes revînt avec quelques affaires, un tas informe de tissus aux yeux du dragon.
— Tiens, tu peux essayer ça.
Aussitôt, Galrion se releva pour prendre ce qu'on lui tendait, tandis que Jin poussait un cri de protestation et remit la chemise autour de sa taille. Avec un petit mot d'excuse, le dragon maintînt le tissus lui-même puis pris les affaires qu'on lui tendait.
À peine deux secondes plus tard, il laissait le tissus lui glisser à nouveau aux chevilles, relevant la vague de protestation du jeune homme.
— Mais garde ça autour de ta taille bon sang !
— Je veux bien mais vous venez de me dire de m'habiller. Comment je suis censé faire en gardant ça autour de la taille ?!
— Il n'a pas tort, fit remarquer la jeune femme. Vas-y tu peux t'habiller.
— Mais non ! Protesta à nouveau l'autre en attrapant encore une fois la chemise. Tu vois pas qu'elle plaisante ?! Va dans une autre pièce !
Un peu perdu au milieu de toutes ces directives qui partaient dans des sens opposés, Galrion finit par être poussé dans une autre pièce, sous le regard amusé de la jeune femme. Il ne fallut pas plus de cinq minutes avant sa réapparition, seule la chemise autour de la taille.
— Je ne sais pas comment les mettre, tu veux bien m'aider ? Demanda-t-il à Jin.
— Non ! Jamais de la vie !
— Je ne sais pas comment les mettre, tu veux bien m'aider ? Répéta-t-il en se tournant vers Innaes.
— Bien sûr, fit-elle avec un grand sourire, tout en se redressant.
— D'accord, j'y vais !
Poussant le dragon dans la pièce adjacente avec mécontentement, il lança un regard noir par-dessus son épaule.
— Mais si tu ne veux pas, elle a dit qu'elle voulait bien.
— Peut-être, mais je préfère encore t'habiller moi-même que la laisser t'habiller. Je crois qu'elle a largement assez vu tout ton attirail.
L'habillage fut relativement difficile. Non-habitué à son corps, le dragon n'avait aucune notion de ce dernier. Il demanda même à un moment où il était supposé mettre sa queue, ce qui fit éclater de rire la jeune femme qui entendait tout de l'autre pièce. À grand renfort de démonstration et d'assistance, ils finirent pas réussir à lui faire enfiler des vêtements. Lorsqu'il eût enfin enfilé le haut, Jin se posta en face de lui, attrapant deux lanière de cuir qui tombaient sur ses jambes.
— Regarde bien, parce que tu devras reproduire ça pour mettre le haut et le retirer sans le déchirer.
En silence, Galrion le regarda lacer le haut, le refermant petit à petit sur sa poitrine. Honnêtement, même si cela lui semblait toujours très bizarre de s'habiller, il devait bien concéder que les humains pouvaient être très ingénieux. Une fois sorti de la pièce, il s'amusa à défaire puis refaire les lacets, comme un bébé ayant trouvé un nouveau jouet.

Sa petite vie temporaire dans ce village commença ainsi, assez tumultueuse et difficile, ce n'en était pas moins amusant et agréable. Il voyait régulièrement les deux amoureux se disputer gentiment à son sujet sans qu'il ne comprenne réellement les problèmes. Leurs réactions étaient pleines de vie. Avant qu'il ne le réalise vraiment, ces émotions qu'il cherchait se trouvaient déjà à sa portée.
Galrion se sentait en vie, heureux dans cet endroit, même s'il reprenait régulièrement sa forme de dragon en-dehors du village, il avait décidé de rester un peu. Cela gênait toujours beaucoup Jin quand il se déshabillait complètement pour se transformer, mais la fois où il avait déchiré les habits par mégarde ne semblait pas lui avoir plus plu. Régulièrement, les enfants venaient jouer sur lui pendant son sommeil, montant sur son dos comme ils seraient grimpés à un arbre. Les gens ne le regardaient plus avec désapprobation lorsqu'il gaffait, cela les faisait même rire que de le voir perdre son pantalon à cause d'une ceinture mal mise.
Mais s'il y avait bien des bipèdes que son cœur s'autorisait à bien considérer, d'autres en revanche ne le méritait clairement pas.

Le dragon aimant bien sa forme originelle quittait très régulièrement la ville pour se dégourdir les ailes et profiter de la vie. Vivre au milieu des bipèdes l'épuisait un peu, en général bruyant, ils s'agitaient un peu partout pour tout organiser, vendre, acheter, transporter, parler. C'était fondamentalement différent de tout ce qu'il avait pu connaître.
Ce jour-là, l'air frais du matin lui donnait terriblement envie de voler, donc il traversa la ville avec une certaine hâte.
— Galrion mon petit, tu veux bien m'aider à accrocher ma pancarte ?
La vieille dame qui lui demandait un service s'appelait Gwemiane. Honnêtement, la première fois que l'on lui avait demandé une chose pareil, il avait sursauté, dévisagé étrangement la personne avec de dire « Non » comme si on lui avait demandé de commettre le plus odieux des crimes. Suite à cela, Jin avait passé des heures à lui expliquer que pour les humains, c'était parfois naturel de rendre service, que cela permettait de « tisser les liens de la société ». Une chose très inconcevable aux yeux du dragon qui avait quand même fini par accepter d'aider quelque fois.
À sa grande surprise, c'était très agréable, surtout parce que les bipèdes procédaient par « échange ». Lui vivant seul, s'il voulait manger il chassait, s'il voulait boire il buvait, s'il voulait dormir il dormait. Eux partageaient, certains chassaient, d'autres cultivaient. Leur société contenait trop de rôles pour que le dragon ne puisse tous les citer. Ainsi, on lui offrait parfois quelque chose en échange, parfois le cadeau lui échappait, comme des petites fleurs que des filles glissaient sans raison au-dessus de son oreille, ou quand elles posaient leurs lèvres sur se joue pour faire un étrange bruit de succion. Au fond, tout n'était que surprise et il en profitait.
— Bien sûr !
Après avoir aidé la vieille dame, il eut droit à un petit quignon de pain. Cela aussi était très surprenant. En dragon, il chassait et mangeait, sans réellement se soucier du goût. Mais cette forme paraissait tellement sensible que la nourriture prenait une autre signification.
Croquant avidement dedans, il poursuivit son chemin avec la ferme intention de terminer la nourriture avec de se transformer.
Galrion sortit légèrement surexcité du village, souhaitant vraiment se dégourdir les ailes et sentir le souffle du vent.
— NON MAIS QU'EST-CE QUE TU AS FAIT !
Le dragon se retourna, à moitié surpris vers le petit homme dodu qui lui hurlait dessus. Sa richesse se voyait immédiatement maintenant qu'il savait observer les humains. Comparé aux guêtres dans lesquelles se pavanaient le dragon, ce bipède débordaient de couleurs et de métaux précieux. Il y avait également une certaine arrogance dans sa tenue, il se maintenant sans cesse droit comme pour se faire plus grand. Malgré cette tentative stupide et désespéré, Galrion le dominait largement. Ce dernier baissa donc le regard alors que l'autre semblait s'adresser à lui.
— J'ai fait quelque chose ? Demanda-t-il d'un ton désinvolte.
— MOINS QUE RIEN COMMENT OSES-TU ME BOUSCULER ?!
Le reptile devait bien l'admettre, il avait effectivement heurté quelqu'un, mais on lui avait appris la politesse tout de même. Après plusieurs expériences malencontreuses, il savait s'excuser après être rentré dans quelqu'un.
Cependant, quand quelqu'un le bousculait, il n'y prêtait guère attention.
— C'est pas moi qui vous ai bousculé, c'est vous qui m'êtes rentré dedans. C'est à vous de vous excuser.
Il disait cela sur un ton totalement neutre et la tension qui se voyait d'un côté était complètement inexistante de l'autre.
— PETIT INSOLENT, COMMENT QUELQU'UN D'AUSSI INFERIEUR OSE-T-IL ME CONTREDIRE ?!
Galrion lâcha le reste de son pain, et s'il y avait prêté ne serait-ce qu'un peu d'attention, il aurait vu les visages alentours devenir blêmes et beaucoup avaient même reculé. La raison pour laquelle aucun d'eux n'intervenait n'était pas à cause du petit homme. Il avait beau être riche, même posséder tout le village ne les aurait pas effrayé autant. En vérité, ils savaient tous que pousser le dragon était une très mauvaise idée. Comme lorsque Jin avait tenté de lui donner un ordre la première fois, la majorité avait constaté son humeur facilement changeante. La majorité savait également à quoi il ressemblait et les dégâts qu'il pourrait causer. Par contre, aucun ne le craignait réellement, après tout, son hostilité paraissait en général inexistante.
Le petit homme était trop écarlate de rage et écumant de fierté pour prêter attention à la colère silencieuse cachée dans le regard du dragon.
— Inférieur ?
Le mot avait été répété avec un calme bien trop marqué pour ne pas faire frissonner l'audience.
— BAISE-MOI LES PIEDS OÙ JE TE REDUIRAI À NEANT.
— Je vais vous faire une faveur. Je vais me retourner, continuer mon chemin vers une bonne journée, et vous allez fermer cette agaçante bouche. Si vous...
— Non mais pour qui te prends-tu bouseux ?!
Sans hurler cette fois, son visage écarlate et sa voix suintait de menace encore plus grande.
— Bipède... Connais ta place...
Cette fois, la colère du dragon transpirait par tous les pores de sa peau. Le pauvre fou le regarda bouche bée poser ses mains sur le sol. Un instant d'incompréhension suivit de terreur quand il commença à grossir, déchirant les habits. Sa peau se couvrit rapidement d'écailles couleur or, mais jamais leur éclat n'avait été si horrifiant.
Cette petite chose lui faisait maintenant face, et le regard qui plongeait dans ses yeux ne contenait plus une trace d'assurance. Galrion ne s'approcha ni ne s'éloigna, il prit une longue inspiration tandis qu'une rage fulminait dans sa poitrine.
Le rugissement du dragon fit trembler autant la Terre que les cœurs. Il dura ce qui sembla être des heures et il n'y avait dès lors plus une parcelle du corps de l'humain qui ne suintait de sueur, de peur, de pisse et de merde.
Lorsque son cri fut terminé, l'autre tomba en arrière. Il en avait même perdu connaissance. Les autres hésitèrent un instant, ne sachant trop comment réagir. Le dragon les devança en reprenant sa forme humaine pour finir son pain. Nu comme un ver, il s'éloigna en leur faisant signe de la main. La baisse de tension et la vue du petit homme les fit éclater de rire.

Ainsi, Galrion continua un moment à vivre dans le village avant de décider de visiter un peu le reste du monde.





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Galrion - Dragon

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